Retirer une Tique incrustée

La pullulation des tiques est inévitable avec le réchauffement climatique. Leurs morsures se multiplient entraînant l’inoculation plus ou moins fréquente de virus, bactéries et parasites. C’est un problème de santé publique qui relève de multiples facteurs dont la maîtrise n’est pas à la portée du marcheur en milieu naturel.

Il reste à savoir retirer cet acarien indiscret qui se glisse partout pour sucer le sang.

1 - inspectez soigneusement toutes les parties du corps, même les non exposées à la lumière et les plis intimes.

2- retirez immédiatement toute tique incrustée avec la seule méthode éprouvée comme la moins risquée, le tire-tique. C’est la méthode la moins stressante pour la bestiole ; elle minimise le risque de régurgitation de salive infectante dans l’hôte.

3- le tire-tique est un crochet spécial dont il existe deux tailles pour s’adapter à la taille de la tique : un petit et un grand. Avec ce tire-tique, dévissez lentement le 
« rostre » de la tique (enfoncé dans la peau) dans le sens inverse des aiguilles d’une montre.

4- désinfectez soigneusement la peau et surveillez la morsure pendant un mois, pour détecter toute coloration/gonflement bizarre. Si c’était le cas, consultez votre médecin.

Pourquoi ne faut-il pas tenter une astuce qui circule dans les réseaux sociaux ?

Parce que tout produit chimique (du savon liquide à l’éther ou l’alcool) stresse la tique. Elle régurgite alors ce qu’elle était en train de pomper. Mais elle le régurgite dans la peau de l’hôte-repas !

Dans ce vomi de tique il y a tout ce que ses glandes salivaires contiennent d’agents infectieux. Le cocktail peut être considérable : borrélies (responsables de la maladie de Lyme et apparentées), rickettsies, coxielles, anaplasmes, franciselles, babésies... Et des virus, qui s’attaquent particulièrement au cerveau (encéphalites à tiques).

La prudence veut qu’on retire la tique avec le minimum de stress pour elle, afin qu’elle ne vomisse pas dans la peau. Ne la manipulez pas à mains nues car elle est potentiellement contagieuse.
Pour la même raison il convient de la détruire sans répandre les microbes qu’elle contient.
La brûler est efficace mais il ne faut pas se blesser en le faisant. Par exemple, placez-là au bout d’une pince (à épiler par exemple) et brûlez-la à la flamme d’un briquet ou d’une allumette.

Dr Sophie Duméry, membre de la commission médicale FFRandonnée